Pause spirituelle de la première semaine pascale


  • Extrait de l’Évangile selon saint Matthieu 28, 8-10

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

 

  • Méditation

Les femmes sortirent du tombeau emplies de peur et de joie. En effet, pour la plupart d’entre-nous, la résurrection paraît impensable ! Nous voudrions pouvoir voir Jésus vivant pour y croire. Or, Jésus n’est plus de ce monde, de notre monde. Soit, à plusieurs reprises, il s’est manifesté. Du reste, sa première rencontre fut celle qu’il fit avec ces femmes qui couraient annoncer la Bonne nouvelle aux disciples. En se manifestant, le Christ a ainsi ravivé la foi de ses femmes. En se manifestant, Jésus a aussi tenu à rassurer ces femmes. En effaçant leur crainte, Il leur a permis de croire pleinement en la Résurrection et de courir en toute liberté, libérées du poids du doute, proclamer la Bonne Nouvelle.

– Et moi, ai-je conscience de la présence du Christ à mes côtés à chaque instant de ma vie, que je ris ou que je pleure, que je marche dans l’ombre ou dans la lumière, que je doute ou que je crois ?

– Comment Jésus se manifeste-t-il à moi ? Ai-je conscience qu’Il se trouve dans chaque sourire reçu, dans chaque main que l’on me tend, dans chaque marque d’amour – aussi infime soit-elle – que je reçois ?

– Me rappelle-je du jour de ma première rencontre avec le Christ ? Ai-je déjà témoigné autour de moi de ce beau moment ?

 

  • « Le jour où j’ai rencontré le Christ »

Quelques paroissiens se demandent d’où me vient mon « inspiration » pour rédiger les pauses spirituelles et trouver les prières. Certains pensent même que je prie et médite beaucoup. Or, il n’en est rien. Pour être honnête, ma foi n’est qu’une minuscule graine et mes temps de prières personnels sont très limités. Je puise mon « inspiration » dans les homélies, dans les livres et dans les paroles d’un ami rencontré il y a deux ans. Je me laisse également guider par mon coeur. Comme de nombreuses personnes, je connais des heures sombres et des heures lumineuses. J’apprends des deux. Comme de nombreuses personnes, je cache une profonde blessure : l’Eglise n’apprécie pas les actes que j’ai posés. En effet, je suis née homosexuelle. Je vis donc avec une femme et nous avons un enfant, conçu par procréation médicalement assistée. Être catholique et homosexuelle forge le coeur, l’âme et l’esprit. Sur mon chemin, j’ai eu l’immense bonheur de rencontrer Jean-Michel Dunant, fondateur et prieur de la Communion Béthanie, une communion d’alliance contemplative oecuménique au service des personnes homosensibles et transgenres. Nous nous sommes rencontrés dans un restaurant italien parisien en février 2015. Ce jour là, je peux dire que j’ai rencontré le Seigneur. Tout en Jean-Michel « respirait » le Christ :  son écoute, sa tolérance, sa charité et sa sagesse. Ce jour là, pour moi et pour la première fois, Jésus avait un visage, celui d’un frère homosexuel qui, avec une grande pudeur, m’a raconté son chemin d’acceptation de lui-même, son long et douloureux parcours pour passer de la honte à la lumière. Ce jour là, j’ai compris que Dieu pouvait m’aimer moi aussi et ce, même si j’étais homosexuelle.

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